Cueilleur de bois de résonance

Description

Le bois de résonance sert à la fabrication d’instruments de musique.

L’épicéa rouge est recherché dans ce but depuis le XVIe s. Aujourd’hui, sa sélection suit différents critères. L’environnement joue son rôle: l’épicéa doit se trouver entre 1000 et 1800 m d’altitude, où le climat est stable, la croissance lente et régulière. Le terrain doit être de nature maigre, pas trop pentu, abrité du vent. L’allure de l’arbre est analysée : un diamètre d’au moins 50 cm, une hauteur de 60 m, un âge de 200 ans, un tronc vertical, des branches tombantes, pas de nœuds cachés.

Le cueilleur est à l’écoute de la forêt et perçoit l’arbre; il le frappe avec un marteau pour évaluer ses propriétés acoustiques. Les arbres sont sélectionnés avant abattage, qui a lieu au mieux à lune décroissante dans la constellation du Lion le plus tard possible en novembre. C’est alors que le verdict tombe : le cœur doit être centré, les cernes réguliers.

Entre science et instinct, seul 1 épicéa sur 10’000 sera sélectionné.

Dans le canton de Vaud

  • Massif jurassien (forêt du Risoux)
  • Préalpes (Pays-d’Enhaut ; forêt des Arses)

Remarques

Le cueilleur d’arbres joue aussi un rôle de jardinier de la forêt, en prenant soin des jeunes épicéas. Libérer l’espace autour des pousses pour qu’elles se développent au mieux inscrit la pratique sur une échelle temporelle intergénérationnelle. L’arbre repéré aujourd’hui pourra être coupé dans deux cents ans.

La consommation indigène en épicéas de résonance n’est que de 50m3 par an, alors que les Japonais construisent plus de 100’000 pianos chaque année. Le bois se vend en Suisse entre 600 et 1000 frs. le m3. Plus que le potentiel économique non négligeable, c’est le rôle d’ambassadeur que le bois de résonnance vaudois peut avoir à l’étranger qui est à prendre en compte. Jacques-Aimé Henchoz résume : "On vient d’abord chercher du bois, puis on revient faire du ski!" (La Gruyère, 7.11.2000).