Le vapeur Simplon III

La seconde phase des travaux de remise en valeur du grand vapeur Simplon III

En 2010, le grand vapeur Simplon III (construit en 1915 et lancé en 1920) n’a pas navigué car d’importants travaux ont été menés sous la responsabilité de la Direction technique CGN.

Il s’agit principalement:

  • d’une révision complète de sa machine à vapeur devenue nécessaire après avoir été longtemps retardée
  • de l’installation de propulseurs d’étrave visant à optimiser la manœuvrabilité du bâtiment, notamment en rade de Genève.

La grande partie des travaux est financée par l’association des Amis des Bateaux à Vapeur du Léman (ABVL) qui a déjà contribué largement à la première phase de son sauvetage et scelle ainsi son attachement à ce majestueux vapeur.

La CGN, en acceptant de mettre à disposition toutes les ressources utiles, affirme ainsi fermement sa volonté de conserver le plus imposant des bateaux de sa flotte et l’engagera en service horaire journalier tout au long de l’horaire d’été avec Genève comme port d’attache (à destination de Nyon, Yvoire, Rolle, Morges, Ouchy, Evian et retour).

 

le "bâteau fantôme" de la flotte

Le sort du Simplon III semblait incertain il y a quelques années lorsque la décision avait été prise de le déclasser au service de réserve dès la saison 1975 en le remplaçant au très apprécié tour du Haut-Lac par le vapeur-amiral La Suisse II.
Par la suite, le grand vapeur n’a plus navigué que sporadiquement achevant un maigre nombre de kilomètres année après année au grand désespoir de ses fervents admirateurs locaux et d’outre-Sarine : c’était le "bateau fantôme" qui ne sortait qu’exceptionnellement ! Son glas a bien failli sonner suite à une explosion survenue à son bord en date du 18 août 2003 mais paradoxalement ce dernier coup de malchance aura permis une revalorisation en plusieurs étapes de cette construction dessinée par Gunnar Hammershaimb et si ardemment souhaitée avant 1914 mais subitement devenue trop grande et fort dispendieuse dans le marasme économique de l’entre-deux-guerres.

La remise en service de mai 2011

Sa machine est la dernière d’une longue série livrée par Sulzer Frères de Winterthour et l’ultime fourniture supervisée par l’ingénieur Friedrich Schuebeler: actuellement elle totalise 1'070’478 kilomètres pour 87 saisons et 6’737 jours de navigation, soit un bon tiers de moins que les autres machines à vapeur de la flotte lémanique et a la particularité de tourner "à l’envers" (sa disposition est inversée par rapport aux bateaux précédents).

De leur côté, les mandataires soussignés de l’Association Patrimoine du Léman (APL) ont profité de l’arrêt prolongé du bâtiment pour procéder à diverses améliorations que les amateurs ne manqueront de remarquer lors de sa remise en service en mai 2011, à savoir :

 

  • révision du plan de service au salon-restaurant de 1re classe pour retrouver la disposition d’origine
  • réhabilitation complète du mobilier original en érable moiré recouvert de velours gaufré et galonné
  • installation d’un tapis de sol de grande tradition tissé tout spécialement
  • remise en valeur de l’ensemble des garnitures en bronze
  • remplacement des vitres en plexiglas du petit salon par des sabords courbes en verre
  • installation de stores pare-soleil visant à protéger les éléments réhabilités du décor
  • substitution de la signalétique disparate par un jeu de plaques émaillées selon aspect original
  • création de buffets de service à la buvette de 2e classe et au pont supérieur préfigurant la restitution d’une rotonde conforme à la silhouette de l’époque du lancement.

D’ores et déjà, il est envisagé dans quelques années une troisième et dernière phase de remise en valeur de ce magnifique vapeur témoin du savoir-faire des constructeurs suisses d’avant la Première Guerre mondiale.

Didier Zuchuat, expert indépendant
Nicolas Dupasquier, architecte HES
Sylvain Prévost, ensemblier-décorateur