Le thème de la Mise au tombeau
La représentation d’une iconographie à thème funéraire est courante dans les enfeus et la Mise au tombeau, comme d’autres scènes tirées du cycle de la Passion, ornent fréquemment cet emplacement.
À l’origine, l’iconographie se base en particulier sur l’Évangile de saint Jean. Le Christ est entouré de bandelettes et transporté par deux hommes barbus dans un caveau taillé dans un rocher. Il s’agit ici plus du «portement» du Christ mort que de sa Mise au tombeau, une narration faisant partie de l’ensemble du cycle de la Passion.
Bientôt, tous les personnages et les éléments de la Passion seront réunis selon une ordonnance précise dans la scène de la Mise au tombeau. Du caveau creusé dans le rocher, on passe au sarcophage sur lequel le corps du Christ est déposé, certainement en association avec la pierre d’onction. Autour du tombeau, plusieurs figures prennent place. Joseph d’Arimathie et Nicodème sont debout, respectivement à la tête et aux pieds du défunt. L’expression de la douleur est représentée par la Vierge, soutenue au centre par saint Jean, et les saintes femmes qui ont le rôle de pleurantes. Marie Madeleine est présente aux pieds du Christ, généralement agenouillée.
Chacun de ces sept personnages est représenté selon des critères précis et à des emplacements définis, tous convergent vers le Christ au centre. Le tableau peut être augmenté par des anges ou par les soldats endormis.
En Occident, ce thème se développe surtout à partir du XIIIe siècle, en peinture, avec les maîtres du Trecento italien. On connaît les exemples de Giotto, Duccio ou Simone Martini.
Dès la fin du XIVe siècle, on dispose, en Europe occidentale et septentrionale, de représentations de la Mise au Tombeau sous la forme de retables monumentaux
qu’il ne faut pas confondre avec les exemples germaniques, connus dès le deuxième quart du XIVe siècle, de scènes monumentales de la veillée du Christ
mort.
C’est au XVe siècle que cette scène sera largement diffusée.
