Le Christ-Eucharistie
Dans la chapelle au nord du chœur
La peinture qui orne la paroi orientale de la chapelle nord, au-dessus du tabernacle mural, est particulièrement bien lisible. Elle est remarquable par son thème du Christ de l’Eucharistie. Les instructions des Evêques Visiteurs des églises du diocèse en 1453 disaient: «Une représentation du Christ, tenant le calice et bénissant l’hostie qui est au-dessus, entouré à droite et à gauche de deux anges portant respectueusement deux cierges allumés»
Description
Le personnage principal, au centre de l’image, est assis sur une épaisse dalle d’autel qui repose sur un piédestal.
La figure est vêtue d’une tunique blanche à manches larges et d’un manteau rouge.
Sa tête a partiellement disparu dans une lacune, comblée à la fin du XIXe siècle et restaurée lors de la récente intervention. On distingue cependant une partie du visage original, légèrement infléchi vers sa gauche, entouré d’un nimbe et de cheveux longs tombant derrière les épaules. Le personnage tient dans sa main gauche un calice surmonté d’une hostie. La main droite est perdue, mais le mouvement du bras indique qu’elle devait se placer à la hauteur de la poitrine.
Deux anges situés de part et d’autre de la scène portent de grands cierges. Celui de gauche n’est que partiellement conservé, mais il devait être similaire
à celui de droite. Ce dernier, debout, esquisse un léger mouvement vers l’avant avec sa jambe gauche.Un nimbe doré et ciselé entoure ses cheveux mi-longs qui lui couvrent les épaules. Il est vêtu d’une tunique blanche rehaussée de bandes jaunes ornées de perles à l’encolure, aux épaules et aux poignets; son vêtement tombe sur le sol en lui recouvrant les pieds, contrairement à l’ange de gauche, dont on distingue le pied droit.
Ses ailes montrent des nuances ocre jaune à l’extérieur et sont blanches à l’intérieur.
Le sol est pavé de carreaux réguliers, disposés en respectant une certaine perspective.
Style et datation
Une attention au sens de l’image, attestant la présence d’un artiste de bon niveau, doit être aussi mise en regard avec la qualité de l’exécution, bien révélée maintenant par la dernière restauration, particulièrement dans les visages.
La délicate carnation, les chevelures ondoyantes, les détails raffinés du décor, et la subtilité des couleurs enrichissent la linéarité des traits qui pouvaient auparavant évoquer une certaine simplicité.
La marque qui se voit au bas de l’image a été identifiée par Marcel Grandjean comme celle du peintre Pierre Chapuiset d’Yverdon. Les archives permettent de dater l'oeuvre: 1470.
Peu visible avant la restauration, elle a retrouvé ses couleurs chatoyantes et l’on peut maintenant admirer la qualité de son exécution.




