Les problèmes de datation

Une oeuvre du milieu du XIIe siècle ?

Si la question de la chronologie n’a pas encore été abordée, c’est que les indices sont très minces pour affirmer avec assurance une datation précise. Nous ne connaissons ni la date de consécration de l’édifice, ni celle de l’affiliation à la congrégation de La Chaise-Dieu.

La première mention d’un prieur remonte à 1202. Les remaniements dans l’élévation de l’église constatés par les archéologues ne peuvent être analysés que selon une
chronologie relative.
La date généralement proposée est située au milieu du XIIe siècle, après 1146, date de la liste des prieurés de La Chaise-Dieu, dans laquelle Grandson ne figure pas encore.

Les influences auvergnates sur l’architecture de l’église étant reconnues, une exécution des sculptures après 1146 a donc été proposée tout naturellement. Pourtant cette hypothèse relativement tardive signifierait un retard artistique de près de 50 ans si l’on tient compte des dernières dates admises pour la sculpture auvergnate, celle de Mozac par exemple. Peut-on envisager un tel décalage en regard de la qualité des oeuvres de Grandson?

L’attribution de la figure de Saint Hugues à Saint Hugues de Cluny permettrait de remonter un peu dans le temps. L’inscription sur le tailloir du chapiteau le désigne comme saint. Sa canonisation intervient en 1120 et la rédaction de la vita, qui a sans doute donné une impulsion à son culte, est située avant 1122. Pourquoi ne pas admettre une datation proche de 1122, ce que ne contredirait pas la forme du bouclier de Saint Michel ?