Bref historique

Les origines

La première fondation de Romainmôtier remonterait au milieu du Ve siècle.
A cette époque, Romain et son frère Lupicin, auraient fondé une communauté d'ermites dans le vallon du Nozon, en un lieu autrefois occupé par un établissement gallo-romain.

On a longtemps adhéré à cette tradition qui expliquait le nom du couvent: monastère de Romain, mais cette appellation tardive pouvait être aussi bien "monastère romain" sans que cette dénomination ne trouve d'explication historique.

Les dernières recherches archéologiques et historiques, donnent un nouvel éclairage sur les origines de Romainmôtier...
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Le haut Moyen-Âge

La reconstruction du monastère vers 630, par le duc Félix Chramnelène, prince bourguignon, atteste de la fondation de Romainmôtier.
Cet établissement, évoqué par Jonas de Bobbio dans son récit de la vie du moine irlandais Colomban, fut placé sous la règle colombanienne et dirigé par l'abbé Siagrius.
Saint Wandrille y demeura probablement entre 635 et 645, avant de se rendre en Normandie pour y fonder l'abbaye de Fontenelle.
Ce rôle d'étape entre Bourgogne et Italie, n'est  confirmé par aucun autre témoignage.
Le seul vestige de la puissance du monastère au VIIIe siècle est l'ambon dû à l'abbé Gudinus.

Autour de l'an Mil: Cluny

Le 10 juin 888, Rodolphe Ier de Bourgogne offre le monastère à sa sœur Adélaïde, avec le droit de le léguer à l'héritier de son choix.
Le 14 juin 928 (ou 929), Adélaïde cède, à son tour, Romainmôtier à l'abbaye de Cluny.
Le monastère adopte la règle bénédictine entre 966 et 981/990. Il connait alors un renouveau monastique et architectural éclatant.

Au début du XIe siècle, la richesse de Romainmôtier est due à une série de donations de Rodolphe III. Convoitées par les sires de Grandson, ces possessions furent confirmées et les limites de ce territoire fixées par le pape Léon IX.
Pendant ce siècle, le monastère de Romainmôtier eut à sa tête le même abbé que Cluny: Mayeul, Odilon et Hugues jusqu'en 1109.

Du XIIe au XVe siècles

Dès le XIIe siècle, un prieur et non plus un abbé préside à la gestion de l'établissement.

Entre la fin du XIVe siècle et le milieu du XVe, trois grands prieurs, issus de la noblesse savoyarde, Henri de Sévery (1371-1380), Jean de Seyssel (1380-1432) et Jean de Juys (1433-1447) vont se succéder donnant un nouvel essor au monastère et entreprenant son embellissement:

A la mort de Jean de Juys, le monastère devient la possession de la maison de Savoie. Les prieurs commanditaires ne résidant plus sur place, la gestion du monastère revint aux moines eux-mêmes.

En 1536: la Réforme

En 1536, le Pays de Vaud est occupé puis annexé par les Bernois. La date du 3 janvier 1537, jour de la mort de Théodule de Riddes, le dernier prieur, marque la fin de la vie monastique à Romainmôtier.

Sécularisé, l'établissenment subit d'importantes destructions et transformations. L'église fut conservée et réservée au culte paroissial.
Cette nouvelle affectation entraîna la démolition de l'ancienne église paroissiale Notre-Dame, édifiée au XIIe siècle, plus haut dans le village qui s'était peu à peu développé à l'ouest et au nord de l'abbaye.
Le cloître fut démoli et avec lui la plus grande partie des bâtiments conventuels. Les autres édifices, de même qu'une partie de l'église, furent transformés en installations à caractère économique, destinés notamment à l'entreposage de la dîme.

Romainmôtier, Eau-forte de Merian, XVIIe siècle
Romainmôtier, Eau-forte de Merian, XVIIe siècle

Après la Révolution vaudoise de 1798

Le Canton, constitué en 1803, devint propriétaire de l'ensemble des bâtiments. Outre l'église, il ne subsistait des bâtiments conventuels occupant la zone du cloître.
Ces bâtiments furent vendus et affectés à une activité agricole.
Seule l'église demeura propriété du Canton, lequel ne manifesta guère d'empressement à son entretien.

Il fallut attendre la fin du XIXe siècle et l'intérêt exprimé par Albert Naef, premier archéologue cantonal vaudois, pour que s'ouvre enfin l'ère des restaurations, entraînant avec elle la redécouverte de l'un des monuments religieux les plus prestigieux de notre pays.