L'histoire
Lieu de passage obligé entre la montagne abrupte et le lac, le site a été occupé
dès la fin de l’Age du bronze, comme en témoignent quelques vestiges exhumés
de tombes sises à proximité du château. Aucune trace de présence humaine n’est attestée sur le rocher même, malgré la découverte d’un bracelet en bronze dans une des salles basses de l’édifice actuel (P voir plan), manifestement rejeté dans des terres de remblais.
Séparé de la rive par un fossé naturel, plongeant de l’autre côté à pic dans le lac Léman, ce rocher de calcaire est placé en bordure de la route menant au col du Grand-Saint-Bernard, pratiquée au moins dès l’Antiquité. Ces particularités durent favoriser assez tôt l’implantation d’un poste fortifié pour surveiller le trafic.
Aucune évidence archéologique n’en assure cependant la présence avant le XIe
siècle, soit bien après l’hypothétique installation romaine dont on a cru longtemps reconnaître l’existence. Aucune donnée historique sûre n’en livre le nom des propriétaires.
Dès le haut Moyen Age, le Chablais, dont l’étymologie caput lacus désigne les territoires situés à la tête du lac, relève de l’abbaye de Saint-Maurice
d’Agaune. Si au XIe siècle, la maison de Savoie semble avoir déjà exercé une forte influence sur ce centre religieux, elle paraît en tout cas solidement implantée dans la région au milieu du XIIe siècle.

