Reliquaire

Reconstitution de l'objet à partir de copies
Reconstitution de l'objet à partir de copies
Photographies des éléments retrouvés par Naef
Photographies des éléments retrouvés par Naef

Les fouilles menées en 1897 dans la première cour ont mis au jour la crypte de la chapelle primitive qui desservait le château et le bourg de Chillon. Naef découvre alors, enfouis dans une cachette de l’autel, les débris en os d’un reliquaire brisé, resté en place depuis le comblement du local.
Il contenait une relique, un petit bout d’omoplate que l’on va attribuer à saint Triphon, patron de la crypte.
Cette trouvaille exceptionnelle suscite l'intérêt. L’enjeu est de taille, car, une fois reconstituée, elle va établir un critère de datation infaillible pour le bâtiment.

On fabrique des moulages en plâtre destinés peut-être à tester diverses hypothèses de montage, puis des copies en résine ; l’ensemble est restitué sur papier.

D’après la forme et le type de décor, le reliquaire date, estime-t-on, de l’époque carolingienne, et par voie de conséquence, la chapelle disparue et sa crypte, de la fin du IXe au début Xe siècle.
Marius Besson, futur évêque de Lausanne, spécialiste en art médiéval, se penche sur l'affaire en 1909, confirmant la haute ancienneté de l'objet.  En 1914, Tauxe confectionne trois exemplaires du modèle sur les indications de Naef, dont les plaquettes sont fixées, conformément à l'original, sur une âme en bois. Actuellement, on tend à lui conférer une forme légèrement différente et on l’insère, par comparaison, dans une typologie propre au XIe-XIIe siècle ; la crypte elle-même, à l'aune des observations archéologiques et historiques récentes, a été  rajeunie de deux siècles environ.