Coffres
Dans la collection de meubles réunis dès 1888 et riche de quelques 272 objets de mobilier, seules dix-sept pièces remontent au Moyen-Âge tardif et à la Renaissance, auxquelles viennent s'ajouter sept copies en fac-similé de coffres médiévaux sur les septante-deux coffres et coffrets de la collection.
Les faux
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les contrefaçons se multiplient, eu égard au commerce florissant et lucratif des antiquités auquel s’adonnent des marchands d’art, professionnels ou improvisés. Un trafic se développe, inondant le marché de faux, soit une création sans prototype connu, et d'assemblages associant des éléments anciens et modernes ou des pièces anciennes disparates.
Dans ce contexte, on s’est reposé, à Chillon, sur l'avis autorisé de personnes jugées qualifiées, notamment le conservateur du MCAH, pour évaluer l’authenticité d’une pièce avant d’en décider l’achat, en particulier pour le mobilier gothique.
Le recours à l’analyse matérielle depuis les années 1980 ainsi qu’une connaissance plus aiguisée de la typologie et des décors permettent de distinguer ces tromperies séduisantes qui ont abusé nos prédécesseurs, attachés avant tout à l’argument stylistique.
Cette catégorie de meubles ne doit pas être confondue avec les copies en fac-similé revendiquées comme telles, destinées à pallier au manque de pièces d’époque sur le marché, à combler des lacunes dans les séries ou à obtenir, à bon compte, un modèle précis. Dénuée des jugements de valeur dont notre époque, éprise de sincérité, tend à les accabler, ces copies côtoient des originaux, à Chillon comme dans de nombreux musées installés au XIXe siècle.

