La salle des armoiries

Salle des armoiries en direction du sud
Salle des armoiries en direction du sud

La salle des armoiries (U1.18), contiguë, se déploie au second étage d’un corps de
logis édifié au milieu du XIIIe siècle. Ses baies du XIIIe siècle, son plafond lambrissé et sa cheminée du XVe siècle témoignent de son passé savoyard. Sous le régime bernois, elle forma la seule grande salle du château, maintenue dans son ampleur médiévale pour être dévolue à l’exercice du pouvoir. Cette affectation lui valut ses remarquables peintures murales de la fin du XVIe siècle: des ornements en grisaille et surtout une frise d’armoiries polychromes, complétée au fil des siècles. Evoquant les baillis bernois en poste à Chillon, cette série constitue, sur support mural, l’ensemble le plus complet préservé dans le canton. Manifestation de prestige personnel, elle exprime aussi la pérennité et la légitimité du pouvoir bernois, incarné dans les représentants de ses plus illustres familles patriciennes.

Les peintures

Paroi nord, zone de raccord entre les armoiries du début du XVIIIe siècle et celles peintes par Ernest Correvon en 1917, sur deux registres
Paroi nord, zone de raccord entre les armoiries du début du XVIIIe siècle et celles peintes par Ernest Correvon en 1917, sur deux registres

Ces peintures sont dues, en partie, à un artiste talentueux et confirmé, le Bernois
Andreas Stoss (†1619), dont la carrière fut liée aux travaux d’embellissement exécutés dans les principaux châteaux baillivaux. Appelé à Chillon en 1586 par le bailli Hans Wilhelm von Mülinen, Stoss créa le schéma de base qu’il mit en oeuvre sur la paroi sud. Ses successeurs adoptèrent le même ton, jusqu’au milieu de la paroi côté lac, conférant à la salle un aspect homogène. Interrompue au début de la paroi nord probablement suite au transfert des baillis à Vevey en 1733, la série fut achevée en 1917-18. Les armes des dignitaires, en fonction de 1711 à 1798, sont ici disposées sur deux registres. Un grand écu aux armes vaudoises, accompagné d’une inscription commémorative de 1917, clôt l’ensemble, faisant écho au portique d’ouverture qui, en face, arbore les armoiries de Berne et celles, millésimées 1588, du commanditaire de l’oeuvre.