Le décor

Relevé des peintures de la domus clericorum, 1900
Relevé des peintures de la domus clericorum, 1900

Chillon compte, dans nos régions, parmi les édifices médiévaux les plus riches en décors peints de la fin du XIIIe à la 1re moitié du XIVe siècle.

La technique
Ils sont exécutés à la détrempe (peinture à l'eau mélangée à une colle à base de peau, de gomme arabique ou d'oeuf)

Les motifs
Ils sont géométriques et figurent de faux appareils, variés d’une salle à l’autre:

  • en damier
  • en chevrons
  • en assises de couleurs alternées séparées par des joints, simples ou doubles
  • une frise composée de végétaux stylisés complète, quelquefois, le haut des murs

Ils personnalisent les pièces tout en régularisant leurs surfaces.
Ils se déclinent principalement dans les teintes ocre rouge, vert, noir et blanc. Portes et fenêtres sont mises en évidence par leur propre gamme de motifs. Originaux ou reconstitués, les plafonds, cintrés (Q et U) et à solives (U2 et G), participent à leur manière à cette symphonie colorée.
Les hottes de cheminées, à l’image de celle de la camera domini, devaient enrichir cette palette en introduisant des sujets héraldiques et peut-être figuratifs.

Les travaux effectués au XXe siècle leur ont donné un aspect quelque peu répétitif, mais certains ébrasements de fenêtres affichent toujours une grande subtilité.

Apparu dans nos régions vers 1300, ce type de décor tend à se multiplier et à se complexifier dès les années 1330.
Contrairement à Naef, qui les situait entre 1256 et 1265, on les date aujourd’hui au plus tôt de la fin du XIIIe siècle. Ils n’en demeurent pas moins précoces.