La camera domini
Créée au XIIIe siècle, cette chambre fut remaniée dès 1336 par le comte Aymon, avant d’être pourvue d’un riche décor peint, exécuté entre 1341-44 par le peintre attitré de la maison de Savoie, Jean de Grandson, un proche du Florentin Giorgio d’Aquila. Elles coexistent, depuis les travaux du début du XXe siècle, avec le solde d’un décor en damier de la fin du XIIIe siècle, avec les fragments d’une décoration en grisaille et des armoiries bernoises exécutées en 1587 par Stoss. Après 1733, la pièce fut convertie en arsenal puis pourvue, au nord et à l’ouest, de larges étagères. Malgré ses mutilations, elle constituait, au XIXe siècle déjà, une attraction quand Chillon accueillit ses premiers touristes. Cher au coeur de Naef, l’ensemble fit l’objet d’examens et de soins attentifs, entre 1905 et 1914, avant d’être à nouveau restauré en 1946-50, puis en 1978-82.
Le décor peint
Les ornements héraldiques omniprésents visent à affirmer le lignage.
Pour ce qui concerne les semis, l’interprétation est plus délicate. La croix, symbole chrétien par excellence et thème héraldique courant, se réfère sans nul doute aux Savoie. Pour des raisons historiques, la fleur de lys ne doit pas faire allusion qu’à la royauté française. Elle figure aussi en tant qu’attribut de la Vierge.
La sélection et la distribution des autres sujets répondent à des critères symboliques et topographiques. Ainsi les animaux, hébergés pour la plupart dans les ménageries princières comme autant de curiosités et signes de richesse, sont répartis sciemment dans l’espace.
Riche de sens, raffiné d’exécution, cet ensemble ne trouve guère d’équivalent iconographique et stylistique.





