La résidence
Le double visage de Chillon, mi-forteresse et mi-résidence, est fortement inscrit
sur le site.
- son front côté terre est aménagé pour la défense
- sa face ouverte sur le Léman accueille les bâtiments d’habitation, protégés par le lac et la flottille de guerre basée à Villeneuve.
Les espaces résidentiels sont eux-mêmes dédoublés, séparés par des murs et des cours.
La partie supérieure,
à l’opposé de l’entrée, est réservée au prince et à sa cour, hôtes temporaires du château.
La partie inférieure,
autour des deux premières cours, est affectée au bailli-châtelain et au personnel, installés à l’année.
Chacune d’elles comporte des espaces privés et publics, distribués en divers corps de logis à deux niveaux.
Ces types de locaux, présents dans les autres châteaux savoyards, portent des noms caractéristiques d’une fonction ou d’un éventail de fonctions.
- l’aula, vaste salle officielle et d’apparat, est dévolue à la pratique du pouvoir dans ses différents aspects, de la tenue d’audiences à l’exercice de la justice, mais aussi à l’organisation de fêtes et de somptueux banquets
- le seigneur ainsi que le châtelain dispose de deux grandes salles (Q et U1) bordées, dans le secteur dévolu au prince, par des retraits, soit un espace tampon situé à proximité des latrines, employé parfois comme cabinet de toilette ou plus généralement comme chambre de service, garde-robe ou petit salon (U2).
- les appartements privés se composent de chambres plus petites répondant à l’appellation de camera, dont la fameuse camera domini, chambre du seigneur
- le logis du châtelain n’est pas aussi clairement défini et semble s’être accommodé de divers emplacements
- les anciens locaux de service, les cuisines, leurs annexes et les pièces attribuées à la domesticité ne sont plus reconnaissables aujourd’hui et dans certains cas non localisables
- les grandes caves destinées aux marchandises devant être conservées au frais (P & Q) existent encore:
le châtelain y entreposait les diverses redevances en nature versées par les sujets de la châtellenie qui, en l’absence de la cour, étaient aussitôt revendues ou perçues en argent



