Consultations annuelles

Le nombre de consultations a doublé entre 1974 et 1996, passant de 3'095 à 6'768. Ce chiffre stagne ensuite: 6'624 en 1997, 5'495 en 1998, 5'087 en 1999, 5'055 en 2000, 4'742 en 2001 (avec trois mois de fermeture), 6'238 en 2002, 6'030 en 2003, 6'238 en 2004. Les fluctuations des dernières années du XXe siècle sont à rechercher en partie dans la diminution de personnes affectées à des programmes d’emploi temporaire, notamment au programme destiné à poursuivre les recherches sur le territoire et les voies de communication et à des réorientations de charges d’enseignement moins centrées sur l’histoire cantonale et régionale.

Il est à remarquer que ces constats recoupent ceux effectués dans d’autres institutions (comprendre par exemple Archives fédérales suisses, Archives de l’Etat de Genève).

Il faut enfin constater que la consultation du site des Archives cantonales vaudoises ne cesse de croître.  En 2005, pages statistiques et dynamiques confondues, elle a été de 51'172 (37'244 en 2004) visites et de 374'487 (308'619) accès dont 39% (43%) pour des pages dynamiques seules.

Nombre de lecteurs différents

De 1996 à 2000, cette statistique a permis de dégager des catégories globales bien profilées quant au sexe (60-65% d’hommes), à l’âge (55-60% actifs professionnellement) ou par secteur d’activité (75-81% secteur tertiaire).

En 1996, il y a eu 1'814 lecteurs différents. En 1997, 1'616. En 1998, 1'629. En 1999, 1'714. En 2000, 1’739. En 2001, 1'727. En 2002, 1'806. En 2003, 1'871. En 2004, 1'940. En 2005, 1'898.  On remarque donc que le nombre de lecteurs différents demeure stable. Les variations enregistrées ne permettent aucunement de tirer des conclusions sur une période aussi courte. Tout au plus peut-on rapprocher ces chiffres de ceux du nombre annuel de consultations (voir ci-dessus). Pourtant, on remarquera que, dans le même temps, les heures d’ouverture ont passé de 45 heures par semaine en 1995 à 41 heures/semaine en 1998, puis à 37 heures/semaine en 2003. Il n’y a donc pas de baisse du nombre des usagers, bien au contraire, mais une concentration de ces derniers pendant les heures d’ouverture. En outre, il faut mentionner, pour mieux apprécier ces données statistiques, que l’institution est fermée au public le samedi. Il est également loisible de remarquer que le nombre de lecteurs présents lors de l’ouverture tardive du mercredi est relativement faible, et rares sont les lecteurs venant aux Archives après le travail précisément en raison de l’horaire normalement plus profitable. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’il a fallu réaménager les horaires d’ouverture au public au début de l’année 2003, il a été décidé de fermer une heure plus vite le lundi, mardi, jeudi et vendredi (17 heures au lieu de 18 heures) et de maintenir l’ouverture jusqu’à 19 heures le mercredi (au lieu d’ouvrir jusqu’à 20 heures durant l’été). Par contre, l’ouverture entre midi et 14 heures, très appréciée, a été maintenue.

Les chiffres sont à préciser à l’examen des critères suivants: professions, objets de recherche et motivation de la recherche.

Professions

En tenant compte des chiffres de 1996 à 2005, à l’exception des années 1999 (18,8%) et 2000 (19,6%), le groupe des personnes en formation se situe toujours au-dessus des 20% et représente en moyenne 22,64% des lecteurs. La part des personnes actives professionnellement se monte alors à 54,44% en moyenne. Toutefois, cette moyenne est quelque peu faussée. En effet, en 1996, la part des personnes actives s’élevait de manière unique à 65,23%. Si l’on retranche l’année 1996 de la moyenne, cette dernière plafonne à 53,05%. Le nombre de personnes en formation étant stable, le jeu de bascule se fait avec le groupe des personnes retraitées. Celui-ci représente effectivement en moyenne globale 22,96% des lecteurs et 23,58% si on ne tient pas compte de 1996. Les Archives cantonales vaudoises comptent donc davantage de retraités que d’étudiants parmi leurs lecteurs, même si cela n’a pas été le cas pour l’année 2004 seule (25,3% d’étudiants pour 23,3% de retraités). Et les lecteurs sans activité lucrative (52%) devancent depuis 2002 la part des personnes engagées professionnellement (48%).

Les fluctuations parmi les lecteurs en formation peuvent s’expliquer dans les choix de sujets de travaux universitaires, lesquels connaissent des modes. L’augmentation du nombre des aînés à partir de 1997 tient à la création du groupe généalogique appelé Connaissance 3 (mouvement d’aînés) en 1995. Ce groupe a donné quelques cours d’introduction en 1996 et se réunit depuis lors régulièrement aux Archives cantonales vaudoises.

Au niveau des professions, on se rend compte que le groupe formé des archéologues, historiens et historiens de l’art dans notre découpage ne représente que 9,28% du public des Archives cantonales vaudoises. Toutefois, si on y adjoint la catégorie des «archivistes, bibliothécaires, conservateurs, documentalistes», lequel comprend souvent des personnes qui ont une formation historique à l’origine, le chiffre se monte à 12,48% (10,5% en 2005). Si l’on y réunit encore les enseignants et les étudiants, on grossit évidemment le pourcentage en conséquence. Pourtant au sens strict, les historiens professionnels ne représentent donc qu’une petite partie du public des archives (env. 10%), contrairement à l’idée reçue.

Il est loisible d’observer encore que 16,21% des lecteurs n’ont vraisemblablement pas de formation universitaire d’après la profession qu’ils exercent. Ce chiffre, lequel ne tient pas compte des retraités dont la formation est totalement inconnue, est en constante augmentation dans les statistiques et tout porte à croire que cela continuera à être le cas. Les Archives cantonales vaudoises organisent chaque année de nombreuses visites guidées pour faire découvrir l’institution et ses possibilités à des groupes de personnes de provenance et d’intérêts divers, sans compter les sociétés et autres associations qui sollicitent la salle de conférence des Archives cantonales vaudoises pour y tenir leurs réunions.

Objets de la recherche (en salle de lecture, par téléphone ou par écrit)

Les recherches familiales et de proximité comme la généalogie, l’héraldique, l’histoire de sa maison ou de sa commune totalisent 41% des recherches en 1996, 47,2% en 1997, 51,9% en 1998, 55,6% en 1999, 54,2% en 2000, 49,9% en 2001, 45,2% en 2002, 45,7% en 2003, 42,2% en 2004 et 42,5% en 2005. La société des loisirs a aussi ses loisirs culturels. Il convient de relever que l’impact de la généalogie aux Archives cantonales vaudoises est plutôt faible comparé à certains dépôts, comme les Archives d’Etat de Berne. L’implantation des Archives cantonales vaudoises sur un site de formation explique-t-elle ce pourcentage relativement bas?

Il importe de mentionner qu’à partir de 2002, deux nouvelles rubriques – qui se trouvaient auparavant intégrées à la catégorie XXe siècle - ont été créées concernant les objets de recherche. Il s’agit de l’usage administratif (consultation par l’administration) et de la délivrance d’une copie d’un acte officiel (plus particulièrement acte notarié, jugement de divorce, certificat d’héritiers, extrait du Registre foncier). Ces créations de rubriques sont le fruit de l’accroissement important du nombre de demandes y relatives et de la politique de transparence administrative. Il convient de mentionner ici l’entrée en vigueur de la loi sur l’information en 2002 et de son règlement d’application en 2003. Depuis 2002, les demandes de copies d’actes officiels constituent le 9% des prises de contact avec les archives. Les archives retrouvent dès lors leur nécessité juridique, ce d’autant plus que les demandes de consultation émanant de l’administration représentent de leur côté le 3% de l’ensemble. En tout, 12% des demandes ont donc un caractère juridique, même si ce type d’usager ne se présente pas lui-même comme un «lecteur», mais plus simplement comme un citoyen.

Motivation

Ce n’est pas une surprise de constater que la catégorie «loisirs» connaît une expansion avec 36,64% en 1996, 42% en 1997, 47,2% en 1998, 50,1% en 1999, 50,7% en 2000, 50,3% en 2001, 51,1% en 2002, 45,9% en 2003, 45,1% en 2004 et 46% en 2005. Ces chiffres sont à rapprocher de ceux qui concernent l’objet de la recherche, ci-dessus. Il y a donc une demande sociale en augmentation.

La catégorie «formation» représente respectivement 23,74% en 1996, 26,8% en 1997, 23,7% en 1998, 19% en 1999, 21,9% en 2000, 22,1% en 2001, 23,2% en 2002, 29,6% en 2003, 31% en 2004 et 29,7% en 2005. Cela peut paraître relativement faible, essentiellement parce que les Archives cantonales vaudoises sont implantées sur un site universitaire. Toutefois, il importe aussi de relever que de nombreux microfilms de documents médiévaux ont été réalisés, lesquels sont maintenant disponibles directement à l’Université. Par ailleurs, la direction précédente a pratiqué une politique de retrait par rapport à l’Université durant 16 ans, attitude qui a été totalement modifiée dès 1995. Ensuite, il convient de prêter garde au fait qu’il s’agit de statistiques en pourcentage de représentation, et non pas de chiffres absolus. Autrement dit, si les Archives cantonales vaudoises enregistraient par exemple une baisse d’affluence dans la catégorie «loisirs», cela aurait pour effet d’augmenter la représentation de la catégorie «formation». C’est ce qui s’est passé pour le dernier chiffre de pourcentage.

La recherche dans le cadre de l’activité professionnelle est passée de 40% en 1996, à 31,2% en 1997, puis à respectivement 29,1% en 1998, 30,9% en 1999, 27,4% en 2000, 27,6% en 2001, 25,7% en 2002, 24,5% en 2003, 24,1% en 2004 et 24,3% en 2005. Il y a une nette érosion au profit de l’activité de loisirs dans les statistiques. Les personnes qui viennent aux Archives pour des raisons professionnelles sont alors essentiellement des architectes qui veulent examiner les plans de constructions, des géographes et des géomètres qui viennent consulter des plans cadastraux et des cartes, des notaires, des avocats qui viennent prendre connaissance d’extraits du registre foncier et bien entendu des historiens, des historiens de l’art et des archéologues qui viennent effectuer des recherches sur la base de mandats ou autres.