Cartographie
Texte de contexte
L’espace vaudois se (re)présente
Comment visualisait-on l’espace vaudois avant l’ère des photographies aériennes et des images par satellite ?
L’homme de l’époque ne dispose que d’observations faites à même le sol. Or reproduire la surface terrestre sur un dessin plat revient à vouloir faire tenir une pelure d’orange sur une carte postale... Un géographe flamand, Gerard de Cremere, dit Mercator (1512-1594), met au point une méthode de projection permettant de résoudre ce problème. D’abord très approximatifs, les plans deviennent géométriques et de plus en plus précis. A partir du 17e siècle, la science cartographique réalise des progrès fulgurants. Les documents se rapprochent du terrain : la précision des mesures et des échelles augmente, les détails topographiques sont plus nombreux. C’est aussi à cette époque que naissent les « plans terriers » dont la principale caractéristique est le choix de la parcelle comme plus petit dénominateur commun. La triangulation générale est initiée en 1668 par l’abbé Jean Picard. Fondé en 1667, l’Observatoire de Paris est dirigé dès 1671 par Jean-Dominique Cassini (1625-1712). Son fils, son petit-fils et son arrière-petit-fils se succéderont à cette charge, faisant de lui le premier d’une véritable dynastie d’astronomes et de cartographes. A partir de 1748, les Cassini réalisent la première carte générale de l’ensemble de la France, constituée de 180 feuilles. Chez nos voisins, le cadastre moderne naît à l’époque de la Révolution française bien qu’il soit souvent qualifié de « napoléonien ». Dans le Pays de Vaud, un tel cadastre voit le jour dès la première décennie du 19e siècle. Un relevé de l’ensemble du territoire est établi et l’on répertorie pour chaque propriétaire les immeubles lui appartenant.
Les tout premiers « plans terriers » sont ceux de Denens et Villars-sous-Yens exécutés en 1651. Lausanne est la première ville de Suisse et Vaud une des premières régions à avoir été « cadastrée ». En Suisse romande, l’espace vaudois est celui sur lequel ont travaillé le plus grand nombre de géomètres au 17e siècle. Les plans de 1651 sont l’œuvre d’Abraham Dubois qui fut d’abord notaire à Saint-Aubin (NE) avant de devenir bourgeois de la ville de Berne. Le plan de Denges établi en 1658 est l’oeuvre du notaire Pierre Rebeur, né dans un petit village bourguignon et devenu bourgeois de Lausanne en 1656. Entre 1651 et 1700, une trentaine de commissaire arpenteurs dresseront l’inventaire d’une partie importante du Pays de Vaud. Les premiers plans concernent les régions agricoles les plus fertiles. Le Jura et les Préalpes n’auront de plans qu’au 19e siècle.
Etudier l’évolution du territoire vaudois à travers d’anciens plans. S'initier à la cartographie. Développer chez les élèves la notion de patrimoine et d'évolution des paysages.
Avant la visite des ACV
Commenter des cartes topographiques en analysant de quelle manière elles représentent la réalité. Constituée au 18e siècle et conservée à Berne, la collection Ryhiner peut être une excellente introduction à la cartographie ancienne. Voir le site biblio.unibe.ch, notamment les images haute résolution ou la carte décorative représentant Berne et le Pays de Vaud en forme d’ours couché, dessinée vers 1690 par François-Louis Boisot (cote Ryh_3211_25).

