Contexte général, suite
La consultation, une notion évolutive et chargée de nouvelles responsabilités pour les archivistes
Sujet longtemps secondaire lorsque les archives contemporaines n'intéressaient qu'un public très restreint, la communicabilité des archives publiques est devenue en quelques années l'une des préoccupations centrales des archivistes. L'histoire s'accélère: à l'intérêt récent du public pour le passé proche viennent s'ajouter, depuis moins de dix ans, les nouveaux enjeux générés par la mise en place de la société de l'information. Ces deux facteurs contribuent à nourrir une demande sociale et citoyenne toujours plus forte de transparence dans l'action passée et présente de l'État.
La situation législative en Suisse
La première loi sur les Archives publiques en Suisse fut celle adoptée par le canton de Genève, le 2 décembre 1925. Elle fut longtemps la seule à exister. Il fallut attendre les années 1980 pour que de nouvelles lois entrent en vigueur, avec une accélération du mouvement depuis l’adoption de la Loi fédérale sur l’archivage du 26 juin 1998. Ainsi, dans leur ordre d’apparition, les cantons suivants disposent d’une loi : Jura (1984), Neuchâtel (1989), Zurich (1995), Bâle-Ville (1996), Genève (2000), Glaris (2003), Lucerne (2003), Zoug (2004), Soleure (2005), Argovie (2006). Le canton de Berne prépare une loi sur les archives.
Seul le canton de Zurich a fait voter la loi sur les archives par le peuple. Le canton d’Argovie a fait adopter simultanément loi sur les archives, la loi sur l’information et la loi sur la protection des données, ce qui constitue la situation législative idéale et la plus profitable aux trois lois.
Le paysage archivistique est en pleine mutation. S’affirme ainsi progressivement le potentiel d’une archivistique à double vocation : celle de soutenir l’administration productrice et celle traditionnelle, de mettre à disposition des chercheurs les matériaux utiles à leurs travaux.
