L'architecture
Le 17 novembre 1980, le Grand Conseil du canton de Vaud vota un crédit de Fr. 950 000,-- pour financer les frais du concours et d'études d'un projet définitif de construction d'un bâtiment pour les Archives cantonales vaudoises, au lieu-dit " la Mouline ", à Chavannes-près-Renens.
Par décret du 11 mai 1982, il accorda un nouveau crédit de Fr. 14 500 000,-- pour la construction dudit bâtiment.
" Ce bâtiment, qui traite d'un programme diversifié, réunit toutes ses parties en un organisme orienté par rapport à la course du soleil. Au Sud se développent les secteurs habités et à l'arrière ceux qui sont spécifiquement destinés au dépôt des documents. Cet ordre correspond à la préoccupation d'utiliser au mieux les énergies que le marché et la nature mettent à disposition et il symbolise aussi les rapports qui s'établissent entre le monde des chercheurs et celui de l'histoire, déposée sous forme d'archives à l'intérieur de la construction.
A l'avant, les activités humaines s'organisent sur trois niveaux : en bas sont disposées pour le tri et le traitement des documents que l'on amène pour être archivés, à l'étage intermédiaire se déploient les espaces accessibles au public, principalement la salle de lecture, les cabinets de travail et un auditoire, enfin l'étage supérieur abrite l'administration de la maison.
A l'arrière se regroupent les vingt-trois alvéoles servant de dépôts aux documents. De plan carré, elles se placent dans une géométrie triangulaire génératrice de la règle de croissance de cet organisme destiné à englober une éventuelle extension.
L'ensemble du bâtiment des Archives cantonales manifeste donc une volonté de regroupement et de cohésion de divers éléments en un tout perceptible comme un ensemble, traduisant dans chaque situation la destination de ses parties. L'emploi de matériaux simples souligne cette volonté d'intégrité : crépi, métal et plots de ciment pour l'extérieur, béton brut et plots de verre pour l'intérieur. Le langage des formes, volontairement limité au cercle et au carré, concourt aussi à l'esprit de clarté recherché.
Enfin, le bâtiment s'implante de façon économe et significative dans le vaste site à disposition. De préférence à une position banalement centrée, l'édifice occupe une frange de parcelle, caractérisée par la richesse de son environnement. Ainsi, l'aspect différencié des façades dialogue avec la diversité des limites au terrain où se succèdent industrie, bureaux et végétation naturelle : " (Extrait : " Architecture et site " par G.-E. Collomb, M.-H. Collomb et P. Vogel, dans Archives cantonales vaudoises, édité par le Service des bâtiments, Lausanne, 1985).

