La prospection à vue

Montricher, éperon barré de Châtel Arruffens. La levée de terre en bordure du plateau sommital matérialise l’emplacement du rempart qui délimitait le site, daté des environs de 1400 av. J.-C.
Montricher, éperon barré de Châtel Arruffens. La levée de terre en bordure du plateau sommital matérialise l’emplacement du rempart qui délimitait le site, daté des environs de 1400 av. J.-C.

La prospection à vue consiste à quadriller, à pied, une zone géographique donnée de manière à repérer des anomalies dans le terrain, indices potentiels de vestiges archéologiques. Cette méthode permet également de repérer du matériel archéologique de surface tel que des silex, des tessons de céramique ou des tuiles, pour ne citer que les plus fréquents.

La prospection est une démarche archéologique à part entière. Elle intervient parfois en amont d’un projet d’aménagement de grande ampleur (parc éolien, projet de construction) et permet, par ses résultats, d’orienter les archéologues dans leur choix de prescrire ou non une fouille.
Dans d’autres cas, elle répond à une thématique précise sur un territoire particulier (localisation des nécropoles tumulaires) ou plus large (occupation et circulation sur les cols jurassiens à travers les siècles). Il s’agit d’une démarche scientifique, menée sous contrôle de l’Archéologie cantonale, qui se distingue clairement dans les procédures et le modus operandi de la détection "sauvage" qui s’apparente à une chasse à la trouvaille. Souvent réalisée avec un détecteur de métaux, cette pratique, purement destructive, est interdite et condamnable. En effet, les creusements réalisés pour récolter les objets perturbent irrémédiablement les couches archéologiques et empêchent par la suite toute compréhension du contexte de découverte. Le détecteur de métaux est parfois autorisé dans les opérations de prospection sous contrôle étroit des autorités cantonales.