Les fouilles de l'A5 Grandson-Vaumarcus

Fouilles A5, colline d’Onnens. Proposition de reconstitution de l’environnement et de l’occupation sur le versant occidental de la colline d’Onnens au Néolithique final. © D. Glauder, Archéodunum SA
Fouilles A5, colline d’Onnens. Proposition de reconstitution de l’environnement et de l’occupation sur le versant occidental de la colline d’Onnens au Néolithique final. © D. Glauser, Archéodunum SA
Fouilles A5, Onnens-Praz Berthoud. Au Premier âge du Fer, un monument funéraire inédit, constitué de dalles de calcaire dressées formant un cercle de 5.70 m de diamètre ainsi qu’une autre implantée au centre, a été mis en évidence. Un tumulus ceinturé par un fossé empierré de 15 m de diamètre, associé à une tombe à inhumation et à un chemin d’accès, recoupe cette structure. © Fibbi-Aeppli photographes
Fouilles A5, Onnens-Praz Berthoud. Au Premier âge du Fer, un monument funéraire inédit, constitué de dalles de calcaire dressées formant un cercle de 5.70 m de diamètre ainsi qu’une autre implantée au centre, a été mis en évidence. Un tumulus ceinturé par un fossé empierré de 15 m de diamètre, associé à une tombe à inhumation et à un chemin d’accès, recoupe cette structure. © Fibbi-Aeppli photographes
Fouilles A5, Bonvillars-Les Oux. Offrandes secondaires d'une incinération gallo-romaine du Ier siècle ap. J.-C., bouteille en verre, collier en perles de verre et hochet en terre cuite. © Fibbi-Aeppli photographes
Fouilles A5, Bonvillars-Les Oux. Offrandes secondaires d'une incinération gallo-romaine du Ier siècle ap. J.-C., bouteille en verre, collier en perles de verre et hochet en terre cuite. © Fibbi-Aeppli photographes

La construction de l’autoroute A5 reliant Yverdon-les-Bains à Soleure par la rive nord des lacs de Neuchâtel et de Bienne a entraîné la plus grande opération de fouilles qu’ait connue l’archéologie vaudoise.

En 1994, un bon millier de sondages ont été effectués à la pelle mécanique sur les six kilomètres que compte le tracé vaudois de l’A5 entre Grandson et la frontière neuchâteloise. Ils ont permis de localiser un peu plus de trente sites de taille et d’importance variables. Seize d’entre eux ont été retenus pour faire l’objet de fouilles programmées, qui se sont déroulées entre 1995 et 2004.

Seule une partie des données a pu être analysée à ce jour, livrant des informations passionnantes sur l’évolution des occupations humaines dans la région.

Ces investigations ont révélé des sites d’une grande diversité (habitat, nécropole, artisanat, militaire, etc.), dont les occupations s’étendent au total entre le début du Mésolithique moyen (environ 8'000 av. J.-C.) et la fin du Moyen âge.

La première occupation est attestée dès 8'000 avant notre ère, sur le site de Praz Berthoud, au nord d’Onnens.

Les études annexes menées sur les coquilles de mollusques, les pollens, les restes végétaux carbonisés ou conservés en milieu humide ont livré de précieuses informations sur le cadre environnemental de cette micro-région, permettant de restituer en partie l’évolution de la faune et de la flore.
Lorsque les premiers hommes y ont séjourné, de façon nomade, le vallon d’Onnens était occupé par deux petits lacs reliés par un cours d’eau. Plusieurs sources alimentaient en outre des marais de pente. Autour de ces zones humides, il y avait des forêts de feuillus, composées principalement de tilleuls, accompagnés de chênes, d’ormes et de frênes.
Les premières maisons apparaissent au Néolithique final.

Durant l’âge du Bronze, un véritable petit hameau est attesté à l’ouest de la colline d’Onnens.
A côté des vestiges d’habitat, les fouilles ont révélé des structures funéraires importantes, principalement au nord de l’actuel village d’Onnens : plusieurs tumuli – des tertres funéraires recélant une tombe en leur centre – sont attestés, de même qu’un dolmen, qu’on peut admirer, reconstitué, en bordure de l’autoroute.

D’un point de vue environnemental, l’âge du Bronze est marqué par la baisse du niveau des lacs. L’activité pastorale se développe, attestée par les restes de faune domestique (bœuf, mouton, chèvre, etc.) découverts dans les dépotoirs. A la fin de la période apparaissent les premières céréales.
Habitats, tertres funéraires et tombes, voies de communication continueront de se succéder jusqu’au Moyen âge sur ces tout premiers contreforts du Jura.

L’un des aménagements les plus récents est une série de bois hérissés découverte à Champagne. Daté du tout début du 14e siècle, cet aménagement défensif servait certainement à protéger l’accès au château de Grandson, situé deux kilomètres plus au sud.