Grands projets

Les fouilles autoroutières

Fouilles A5. Vue d’ensemble du tracé en travaux, été 2001. © Chr. Falquet, Achéologie cantonale
Fouilles A5. Vue d’ensemble du tracé en travaux, été 2001. © Chr. Falquet, Achéologie cantonale

La construction de l’autoroute A1 Lausanne-Genève, au tout début des années 1960, a marqué le début d’une succession de fouilles de grande envergure sur le sol vaudois, financées par l’Office fédéral des routes, et menées en étroite collaboration entre l’Archéologie cantonale et le Service des routes.

En 1960-1961

la construction du tronçon Maladière-Bourdonnette a permis de traverser le bourg romain de Lousonna sur plus de 700 mètres.

Exécutées dans l’urgence, ces investigations ont hélas été bouclées en à peine sept mois. Quarante ans plus tard, il a fallu sept ans pour mener à bien les fouilles du tronçon vaudois de l’A5.

Au cours des années 1970, le tracé initial de l’A5, prévu sur la rive sud du lac de Neuchâtel, a fait miroiter la possibilité de fouilles d’envergure sur les sites littoraux préhistoriques. Mais tracé et fouilles ont finalement été abandonnés.
En 1977, les travaux de l’autoroute Lausanne-Yverdon ont révélé à Bavois-En Raillon un habitat protohistorique terrestre.

C'est à partir de 1980

que l’archéologie autoroutière a pris son essor, selon un scénario désormais rôdé : des sondages exploratoires tous les 30 m au moins permettent de détecter les sites potentiels et d’en évaluer la nature et la période ; puis ont lieu les fouilles extensives, en étroite coordination avec la direction des travaux. L’exploitation des données récoltées se prolonge ensuite longtemps après la mise en service de l’ouvrage routier. Des investigations complémentaires peuvent avoir lieu dans le cadre du remaniement parcellaire.

Le long de l’A1 Yverdon-Faoug, plusieurs sites ont ainsi été fouillés dans les années 1980-1990, à Avenches, Faoug, Payerne et Cuarny.
Parmi les découvertes majeures, on peut citer:

  • le site romain religieux et funéraire d’Avenches-En Chaplix, avec sa nécropole, son sanctuaire gallo-romain et ses mausolées exceptionnels.

C’est aussi dans les années 1980 qu’ont débuté les fouilles de la villa romaine d’Orbe-Boscéaz, qui se sont déroulées jusqu’en 2004 à raison d’une campagne de quelques semaines par an.

Dès 1997 enfin, et durant sept ans, le tracé final de l’A5, sur la rive nord du lac de Neuchâtel, a livré une série exceptionnelle de sites pré- et protohistoriques.

Au total, ce sont plus de 2'100 structures archéologiques qui ont été documentées, de toutes tailles et périodes !

Vue aérienne d’ensemble des fouilles d’En Chaplix : au bas de l’image, le sanctuaire gallo-romain ; au centre, les deux mausolées dans leurs enclos. © R. Vorlet, Payerne
Vue aérienne d’ensemble des fouilles d’En Chaplix : au bas de l’image, le sanctuaire gallo-romain ; au centre, les deux mausolées dans leurs enclos. © R. Vorlet, Payerne
Proposition de restitution du mausolée sud d’En Chaplix, haut de plus de 25m, érigé vers 40 de notre ère. © Aquarelle B. Gubler, Zurich
Proposition de restitution du mausolée sud d’En Chaplix, haut de plus de 25m, érigé vers 40 de notre ère. © Aquarelle B. Gubler, Zurich
Mausolée sud d’En Chaplix : statue en bas-relief ornant un piédroit du socle en hémicycle, figurant un griffon, créature mythologique à corps de lion et tête et ailes d'aigle, que chevauche une Néréide, divinité marine. © Musée Romain Avenches
Mausolée sud d’En Chaplix : statue en bas-relief ornant un piédroit du socle en hémicycle, figurant un griffon, créature mythologique à corps de lion et tête et ailes d'aigle, que chevauche une Néréide, divinité marine. © Musée Romain Avenches