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Les deux lions de bronze ornent à nouveau les portes de la cathédrale de Lausanne

Onze mois après la réouverture du portail Montfalcon de la cathédrale de Lausanne, les grandes portes de ce remarquable ensemble sculpté de la fin du 19e siècle retrouvent les deux têtes de lion en bronze qui leurs servaient de heurtoirs. Débute en outre une série de travaux partiels et urgents, en attendant l'ultime phase de restauration du monument.

Déposés il y a une vingtaine d'années par mesure de sécurité, les deux heurtoirs médiévaux en bronze qui ornaient les portes de l'entrée principale de la cathédrale de Lausanne ont été moulés et recoulés à l'identique des têtes de lions originales. Ainsi, les belles menuiseries vieilles de plus d'un siècle, entièrement restaurées l'an dernier, retrouvent officiellement le 29 août ces deux pièces majeures de ferronnerie d'art. La pose des deux mufles de bronze marque la fin des travaux en façade extérieure du portail Montfalcon. Dès l'automne, une dernière intervention sera entreprise à l'intérieur de la cathédrale: elle concernera le revers du porche dont les parements de calcaire seront à leur tour conservés et rafraîchis. Ainsi se termineront au début 2018 la totalité des travaux sur le portail, qui fait par ailleurs l'objet dès le 30 août d'une exposition historique à l'Espace Arlaud.
Dès septembre 2017 parallèlement, un nouveau chantier de conservation-restauration des parements extérieurs débutera dans le secteur situé à l'ouest du transept sud. Ces travaux sont estimés à 600'000 francs et sont planifiés sur trois ans. Ils sont financés par le budget ordinaire de la cathédrale et seront mis en oeuvre par de nouveaux mandataires désignés dans le cadre de plusieurs mises au concours successives. Ce chantier est indépendant des futurs et ultimes travaux de restauration de la tour inachevée, de la tour du chevet nord et du choeur, dont la planification est encore à l'étude.

Les répliques de ces Lions ont été réalisées par la Fonderie d'art Geya à Ogens
Toutes les photos ont été réalisées par Jérémy Bierer à Lausanne
PDF phase de réalisation
PDF phase de réalisation et pose

La restauration du portail Montfalcon à la cathédrale de Lausanne

© photo : Claude Bornand
© photo : Claude Bornand
© photo : Claude Bornand

A l’aube du 16e siècle, l’évêque Aymon de Montfalcon entreprend des travaux considérables qui modifient la physionomie du massif occidental de la cathédrale. Après avoir fait démolir des maisons contiguës à la tour inachevée vers 1500-1502, il fait aménager une voie de circulation à l’ouest de la cathédrale, fait fermer le passage de la grande travée en 1504-1550 et ériger à l’ouest dès 1515, entre les contreforts devant l’entrée du 13e siècle, un portail monumental. L’espace du magnum portale médiéval de la cathédrale est désormais rattaché à l’église, perdant ainsi son statut profane. Son successeur, son neveu Sébastien de Montfalcon poursuit les travaux dès 1517 mais son œuvre est interrompue à la Réforme. Il est complété au 18e siècle.  Fortement dégradé à la fin du 19e siècle, il est alors démoli puis reconstruit par Raphaël Lugeon entre 1894 et 1909, dans un climat de polémique opposant tenants de la conservation et partisans de sa démolition /reconstruction dans l’esprit de Viollet-le-Duc. Cette intervention nous a valu une œuvre de grande virtuosité, un témoignage de la vision du moyen-âge au 19e siècle longtemps décrié, mais actuellement réhabilité à juste titre.

Le chantier du portail Montfalcon est un chantier de stricte conservation de la sculpture des années 1892-1909: il se limite à supprimer les développements micro-organiques et les croûtes noires qui se sont progressivement développés depuis plus de 100 ans à la surface du calcaire de Lens utilisé par les sculpteurs de la fin du 19e siècle. La principale technique de nettoyage employée à ces travaux est la brumisation, c’est-à-dire l’exposition de la pierre à un brouillard d’eau qui dissout les dépôts gypseux et crasseux déposés sur les parements du portail. L’intervention est douce: elle n’altère pas les surfaces de la sculpture où se lisent encore parfaitement les coups d’outil virtuoses du sculpteur Lugeon et de ses assistants. Une grande attention a été portée sur la reconstitution des joints d’assise du portail qui, pour la plupart, ont disparu aujourd’hui, faisant de ce grand ensemble sculpté une construction de «pierre sèche» ouverte à toutes les infiltrations de la pluie.

Les Stalles du XIIIè siècle

Photos : ARC Jean-Bernard Sieber

Dix stalles (des quarante initialement existantes lors de la construction de la cathédrale) ont été restaurées.

Vous pouvez maintenant les découvrir dans le nouvel espace muséal réalisé à l'intérieur de l'édifice, au premier niveau de la Tour du Beffroi.

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