Les Archives cantonales vaudoises en quelques mots

Au coeur des institutions de la mémoire du canton

Le 21 août 1798, le Directoire helvétique décide que la «collection des titres et documents de toute espèce, formant les archives dites du Pays de Vaud, sera remise entière à la Chancellerie administrative du Canton de Vaud». C’est l’acte de naissance des Archives vaudoises, avant même la création du canton de Vaud en 1803. Constituant une des premières conquêtes de l’indépendance vaudoise, les ACV précèdent tous les lieux de mémoire que le canton mettra progressivement en place dès le début du XIXe siècle. Ce droit d’aînesse n’est en soi pas singulier. Les archives sont au cœur du fonctionnement de l’administration – le mot «archives» signifie étymologiquement «autorité», «dépôt de pièces officielles», et nullement «vieux papiers périmés». Elles sont la preuve du pouvoir, leur fondement permanent et leur refuge obligé. Lorsqu’on ne reconnaît pas la souverai­neté d’un pays, on séquestre ou on spolie, voire on saccage les archives.

Vue sud-est du bâtiment des ACV, 2003

Le beffroi de la cathédrale de Lausanne fut, d’octobre 1798 à 1955, la première adresse des ACV. Ces dernières disposèrent d’un archiviste en titre dès 1837 et d’une petite salle de travail à partir du début du XXe siècle. La mémoire cantonale est à l’évidence plurielle et disséminée, naturelle et culturelle, écrite, archéologique, photographique, sonore, filmique, orale et immatérielle. Elle se loge aussi bien dans les collectivités publiques que chez les particuliers, elle n’a pas que l’adresse du chef-lieu du canton, mais de très nombreuses localisations en dehors des grands centres. Parfois, elle a suivi les familles vaudoises qui se sont établies à l’extérieur du canton.

Les fonds et collections

Les documents se déposent dans les Archives comme se forment des couches géologiques, progressivement, constamment. La grande majorité provient de versements de l’adminis-tration ; les autres, d’origine para-administrative et privée, reposent sur des politiques d’acquisition plus ou moins volontaristes, de caractère plutôt généraliste que spécialisé.

Les documents sont d’abord en langue latine, puis, dès 1536 avec l’introduction de la Réforme, en langue française – des témoignages en langue vernaculaire apparaissent avant cette date. L’administration bernoise privilégiera les traductions, sans pour autant délaisser la langue allemande.

Les fonds officiels regroupent à la fois les archives des autorités qui ont précédé la nais­sance du canton de Vaud en 1803 (Evêché de Lausanne, Maison de Savoie, couvents et sei­gneurs féodaux jusqu’en 1536 ; Etat de Berne de 1536 à 1798 ; Canton du Léman de 1798 à 1803), celles du Grand Conseil, du gouvernement, de l’administration et de l’organisation judiciaire du canton de Vaud depuis 1803.

Le plus ancien original remonte à l’an 964.

Les archives des communes sont conservées sur place. Depuis 1896, les ACV conseillent le classement des archives dans les communes, quand elles ne rédigent pas elles-mêmes les inventaires. Elles regroupent l’ensemble des inventaires historiques et en vigueur – toutes les communes disposent d’un inventaire de leurs archives des origines à 1960 –, ainsi que des documents d’essence communale : archives paroissiales et d’état civil, notariales, cadastrales (plans et terriers) et judiciaires.

Les fonds privés sont constitués d’archives de familles, d’associations, d’architectes, d’en-treprises, de partis politiques ou de personnalités diverses, ayant eu en principe une rela­tion avec le Pays et le canton de Vaud.