Préhistoire: Lausanne à l'époque néolitihique

Entre colline de la Cité et bord du lac

A Lausanne, des traces d’habitat remontant à la période néolithique ont été mis en évidence tant sur la colline de la Cité qu’au bord du lac, là où s’implantera plusieurs milliers d’années plus tard le bourg romain de Lousonna.

Sélection de mobilier d'époque néolithique et mise en situation dans une restitution d'habitat de l'époque. © MCAH et A. Houot pour la restitution de la scène de vie
Sélection de mobilier d'époque néolithique et mise en situation dans une restitution d'habitat de l'époque. © MCAH et A. Houot pour la restitution de la scène de vie
Sélection de mobilier d'époque néolithique et mise en situation dans une restitution d'habitat de l'époque. © MCAH et A. Houot pour la restitution de la scène de vie
Sélection de mobilier d'époque néolithique et mise en situation dans une restitution d'habitat de l'époque. © MCAH et A. Houot pour la restitution de la scène de vie
La fouille du Musée romain de Lausanne-Vidy en 1992. © Archéologie cantonale, P. Moinat
La fouille du Musée romain de Lausanne-Vidy en 1992. © Archéologie cantonale, P. Moinat
La fouille du Musée romain de Lausanne-Vidy en 1992. © Archéologie cantonale, P. Moinat
La fouille du Musée romain de Lausanne-Vidy en 1992. © Archéologie cantonale, P. Moinat
Foyer du Musée Romain et dessins successifs de son démontage. Accumulation de pierres de chauffe, utilisées à de nombreuses reprises et replacées dans la dépression. © Archéologie cantonale, P. Moinat
Foyer du Musée Romain et dessins successifs de son démontage. Accumulation de pierres de chauffe, utilisées à de nombreuses reprises et replacées dans la dépression. © Archéologie cantonale, P. Moinat

Durant les années 1990, deux interventions ont permis de mieux connaître l’habitat de la région lausannoise au Néolithique.

La première a eu lieu au pied de la cathédrale : la restauration de la « Tour Lanterne » en 1991 a nécessité la pose d'une grue et de quatre piliers de béton pour assurer son ancrage dans le sous-sol au nord de la cathédrale. L'occasion pour les archéologues de faire ressurgir les traces d'un passé déjà esquissé par une série d'interventions menées dans le courant du 20e siècle.
Les premiers agriculteurs se sont installés sur la colline de la Cité vers 4’500 av. J.-C. et deux couches archéologiques retracent cet épisode qui se termine environ cinq siècles plus tard. Deux foyers et des restes de céramique et de silex sont les derniers témoins conservés de cette présence humaine.

Albert Naef signalait des sépultures néolithiques sous le sol de la cathédrale, mais des datations par le carbone 14 des squelettes encore en place un siècle plus tard ne sont pas venues confirmer cette première analyse. A ce jour, on ne connaît donc pas les tombes associées à ces premiers Lausannois.

La construction du Musée romain de Vidy, en 1992, a donné lieu à la découverte de restes très discrets d'un autre habitat. Un foyer, une fosse, un fragment de meule à grain, quelques poteries et des objets en silex attestent une occupation sur la terre ferme, aux abords immédiats des rives du lac, ainsi qu’une grande nécropole.
Le décor est planté : peu après s’être installés à la Cité, des habitants ont aussi établi leurs maisons à Vidy. La découverte est importante, car les témoignages aussi anciens au bord du Léman se comptent sur les doigts d'une main et ne sont pas mieux connus ailleurs autour du lac.

Le monde des morts

Tombe d’enfant du cimetière néolithique de Lausanne "Chavannes 11". © Archéologie cantonale, P. Moinat
Tombe d’enfant du cimetière néolithique de Lausanne "Chavannes 11". © Archéologie cantonale, P. Moinat

La phase moyenne du Néolithique est ancrée de longue date dans l'archéologie lausannoise avec les nécropoles de Chamblandes à Pully et de Vidy à Lausanne, dont le plein développement a lieu entre 4'300 et 4'000 av. J.-C. L'ensemble le plus imposant est celui de Vidy, avec un nombre estimé à plus de 230 sépultures.

La découverte de la nécropole a eu lieu en 1962, à l'occasion de la construction d'un immeuble appelé « Vidy-Square ». Cette première intervention a livré 27 tombes. Elle a été suivie dans les années 1990 d'une fouille de plus grande envergure à la route de Chavannes 11. Ces deux interventions ont touché le même cimetière, portant le nombre total à 126 sépultures étudiées.

Elles ont apporté de nombreuses nouveautés grâce à la mise en évidence d'une grande variété des pratiques funéraires et des architectures qui ne sont plus seulement construites en dalles, mais parfois aussi en bois.

Les enfants de Vidy

Cette sépulture permet d'aborder ce qu'on peut considérer comme une norme : le dépôt de deux corps dans le même coffre. Ici deux enfants, le premier est décédé autour de 4 ans, alors que le second n’avait pas plus de 2 mois. Ces tombes contiennent généralement peu d'objets. L'enfant le plus âgé était accompagné de très petites perles blanches en calcaire formant un collier et d'un fragment d'ocre rouge disposé sous la pommette gauche. A l’extérieur du coffre, une petite dalle disposée à plat en fond de fosse a reçu le dépôt d’une omoplate de cerf.
Cette tombe est le reflet de traditions qui se retrouvent tout autour du Léman et en Valais, ainsi qu’en Tarentaise et en Maurienne pour la France, dans la vallée d'Aoste et de l'Orco en Italie. L'emploi des dalles de pierre est le point commun entre ces différentes régions, alors que les objets et le nombre de mort dans les tombes varie, définissant des spécificités régionales.