Epoque romaine: le Chasseron

Le sommet jurassien du Chasseron (1607 m) est connu comme un lieu de fréquentation antique depuis le milieu du 18e siècle grâce à la découverte de monnaies romaines au pied de ses falaises. Fouillé en 2004 et 2005 par l’IASA de l’Université de Lausanne, le site archéologique du Chasseron fait désormais l’objet d’une monographie.

Vue aérienne du sommet du Chasseron. On distingue bien la zone de fouille du temple au centre de l’image, juste sous la station météorologique. © www.chasseron.ch
Evocation du sanctuaire à la fin du 1er siècle de notre ère. © IASA, David Glauser.
Vue d'ensemble du Chasseron, avec du haut en bas, la station météorologique, le secteur des fouilles archéologiques et le restaurant

La reprise de l’étude de la documentation ancienne, complétée par un programme de prospection dicté par le potentiel archéologique du site, a conduit l’IASA à programmer la fouille de quatre secteurs significatifs du site en 2004 et 2005. Les résultats de ces interventions esquissent l’image d’un sanctuaire dont l’importance des aménagements, notamment la taille de son fanum, témoigne d’un lieu de culte d’importance, au caractère officiel.

Plusieurs zones aux fonctions bien définies caractérisent le site. Le temple lui-même est un bâtiment à plan centré formé d’un déambulatoire de 16 m x 15 m  (cella de 10 m x 9 m), soit l’un des plus grands temples à plan centré d’Helvétie. Un/Le second élément est l’éperon rocheux d’où était pratiquée la iactatio (jet d’offrandes) et en contrebas duquel une grande quantité de monnaies a été découverte. Deux hypothèses plus audacieuses proposent de restituer un sacrarium (dépôt d’offrandes) à l’amont du temple et des hospitalia (hospices pour les pèlerins) à l’emplacement actuel de l’hôtel-restaurant.
La chronologie du développement du site montre une fréquentation dès le début du 1er siècle avant J.-C., bien que le site ne se développe qu’à partir de l’époque augustéenne. Le temple découvert lors des fouilles est lui-même bâti aux alentours de 40 apr. J.-C. ; il connait plusieurs transformations importantes parmi lesquelles l’abandon de la galerie périphérique à la fin du 2e ou au début du 3e s. apr. J.-C. Vers le dernier tiers du 4e s. apr. J.-C., le temple est en ruine, même si quelques trouvailles monétaires du début du 5e s. suggèrent une fréquentation du lieu après la destruction du temple.

Pour plus d'informations, voir la monographie récemment parue dans les Cahiers d’Archéologie Romande (CAR 139).