Conservation et mise en valeur

Aujourd’hui, dans le canton de Vaud, seule une trentaine de sites archéologiques sont accessibles au public. Ils ne représentent que la pointe de l’iceberg que constituent les quelque 3450 sites recensés dans le canton, tous types et périodes confondus.

Les aménagements de ces sites, pour la plupart mis en valeur au 20e siècle, montrent des signes de vieillissement prononcés, consécutifs à des années d’exposition aux éléments naturels et aux moyens souvent limités que les communes qui en ont la charge peuvent allouer.

Au gré des découvertes récentes et des études en lien, les données présentées sur les panneaux d’informations deviennent par ailleurs progressivement obsolètes. Les projets de construction toujours plus nombreux, qui induisent une mise au jour croissante de nouveaux sites, ne font qu’accentuer le problème.

Comment, dès lors, assurer une présentation de qualité des sites archéologiques? A l’heure d’un développement informatique qui offre la possibilité de reconstitutions 3D, de visites virtuelles et de mise à jour continuelle des contenus, se pose la question de la forme à adopter pour la mise en valeur des sites archéologiques: restaurations, marquages au sol et panneaux explicatifs coûteux qu’il faut entretenir et renouveler, ou alors dématérialisation totale de l’information au risque de perdre le lien concret et d’accentuer la distance avec nos racines?

Les solutions mises en œuvre par l’Archéologie cantonale vaudoise témoignent d’une phase de transition, ou du moins d’un sens du compromis cher à nos contrées. Ainsi, les projets de mise en valeur «traditionnelle» de nouveaux sites et le «lifting» des sites existants côtoient la mise en place de visites virtuelles et une présentation du patrimoine archéologique vaudois par le biais du vecteur d’informations incontournable que constitue désormais Internet.

 

 

Dans les années 1980, de nombreux panneaux ont été mis en place dans le canton, respectant la charte de signalisation touristique internationale - balisage routier et panneaux sur place de couleur marron - comme ici, sur le site des menhirs d'Yverdon-Clendy.
© Rémy Gindroz photographe

Les communes et associations locales sont libres de réaliser des balisages indépendants. Le site du castrum d'Yverdon-les-Bains illustre parfaitement la variété - ou faut-il parler de disparité? - des informations qui ont été mises en place au fil des années, depuis la première borne à quatre faces érigée par A. Naef en 1930.
© Archéologie cantonale, Y. Dellea