Conservation de la flotte Belle Epoque

D'une manière générale, la conservation des navires qui constitue la flotte Belle Epoque est bonne, voire très bonne.

Malgré les transformations souvent importantes qu'ont subi certaines unités dès les années trente et ce jusque à la fin du XXe siècle, près des deux tiers de la flotte des bateaux à roues à aubes (5 sur 8) est aujourd'hui soit restaurée, soit en chantier, soit encore en phase de l'être. La mise hors service de trois navires l'"Helvétie II" (1926) depuis janvier 2002, l'"Italie" (1907) depuis décembre 2005 et le "Vevey" (1905) depuis octobre 2010, ne peut être prolongée indéfiniment sans dégât important à la coque et aux aménagements intérieurs, sans parler de la difficulté dans ces conditions de maintenir ces bateaux dans un état de navigation potentielle.

La flotte Belle Epoque donne aujourd'hui une leçon de patrimoine.
Par son classement au titre de monument historique, elle montre qu'à l'inverse d'une conservation figée, un objet doit s'entretenir, se modifier ou se transformer avec respect et créativité pour accéder au rang de monument.

Sa valeur technique, formelle, matérielle et esthétique ne suffit pas à restituer la noblesse de son temps. Encore faut-il que son usage, son fonctionnement et sa navigation dans le cas d'un bateau, soient garantis pour lui donner le droit d'être reconnu et soutenu dans la poursuite de son existence.

Eléments de conservation

Evaluation de la flotte Belle Epoque

Cet inventaire des caractéristiques spécifiques de la flotte Belle Epoque et de ses unités permet de mieux cerner la valeur patrimoniale de ces bateaux exceptionnels. Aussi fidèle que soit leur conservation, aussi remarquable que soit leur restauration, ces navires présentent tous des divergences avec leur état d'origine. Loin de dénaturer fondamentalement leur substance et leur valeur patrimoniales, ces écarts rendent compte avec pertinence de l'évolution des techniques, de l'importance croissante de la sécurité et des modifications des conditions de navigation et de manœuvre des navires.

Les récentes interventions lors des dernières restaurations de "La Suisse II" ou de la "Savoie" ou du "Simplon III" montrent au contraire que les restitutions fidèles des éléments d'origine permettent à la fois de répondre à ces nouvelles conditions d'utilisation et de garantir un respect des formes, des matériaux et des techniques qui ont prévalu au moment du lancement de chaque bateau sur le Lac Léman.